Sujet corrigé : « Dorante est-il condamnable ou admirable ? »
Le personnage du menteur devrait susciter la réprobation ; pourquoi Dorante suscite-t-il d'abord l'admiration, et que nous dit ce renversement sur la comédie ? Plan proposé : I. Un menteur en règle avec le vice : tout devrait le condamner ; II. Mais un virtuose qui force l'admiration : le mensonge comme performance ; III. Le mensonge, miroir de la comédie : Corneille couronne la fiction.
Ce sujet porte sur Le Menteur de Pierre Corneille (1643), étudié dans l'objet d'étude « Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle » avec le parcours « Mensonge et comédie ». Voici le corrigé en plan détaillé, tel qu'on peut le construire en quatre heures.
Corrigé détaillé : « Dorante est-il condamnable ou admirable ? »
Problématique proposée : Le personnage du menteur devrait susciter la réprobation ; pourquoi Dorante suscite-t-il d'abord l'admiration, et que nous dit ce renversement sur la comédie ?
I. Un menteur en règle avec le vice : tout devrait le condamner
- Le mensonge gratuit : Dorante ment par plaisir, sans nécessité, dès la rencontre avec Clarice, la fable précède l'intérêt.
- Les victimes s'accumulent : Géronte berné par le faux mariage de Poitiers, Alcippe rendu jaloux, le mensonge blesse.
- Le cadre moral du siècle : la comédie classique doit châtier les vices, le titre même semble annoncer un procès.
II. Mais un virtuose qui force l'admiration : le mensonge comme performance
- Le morceau de bravoure : le récit de la fête sur l'eau, improvisé et somptueux, transforme le mensonge en spectacle.
- L'agilité sous la contrainte : démenti, Dorante rebondit toujours, chaque danger devient une fiction nouvelle.
- Le relais du spectateur : l'ébahissement de Cliton programme notre plaisir, on n'attend plus la chute du menteur, mais son prochain exploit.
III. Le mensonge, miroir de la comédie : Corneille couronne la fiction
- Le menteur est un dramaturge : intrigues, rôles, décors imaginaires, Dorante fait sur scène ce que Corneille fait au théâtre.
- La punition ironique : trompé par le seul mot qu'il n'a pas inventé (le nom de Lucrèce), il est corrigé en douceur par plus romancier que lui : l'intrigue.
- Une morale de plaisir : le dénouement heureux absout la fiction, la pièce défend le droit de la comédie au mensonge qui enchante, cœur du parcours « mensonge et comédie ».
En conclusion, on répond à la problématique en une ou deux phrases, puis on ouvre, vers une autre œuvre du parcours, ou un enjeu contemporain du sujet. Revois la méthode complète du plan de dissertation si besoin.
Les pistes pour chaque partie
- Condamnable : il ment sans nécessité, trompe son père, joue avec les sentiments, la morale classique réprouve.
- Admirable : virtuosité d'improvisation (la fête sur l'eau, le faux mariage de Poitiers), panache, imagination, le public applaudit.
- La pièce suspend le jugement : le mensonge est puni par où il pèche (la confusion des noms) mais récompensé par un heureux dénouement, Corneille préfère le plaisir au procès.
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Questions fréquentes sur ce sujet
Quelle problématique pour le sujet « Dorante est-il condamnable ou admirable ? » ?
Le personnage du menteur devrait susciter la réprobation ; pourquoi Dorante suscite-t-il d'abord l'admiration, et que nous dit ce renversement sur la comédie ?
Quel plan suivre ?
I. Un menteur en règle avec le vice : tout devrait le condamner ; II. Mais un virtuose qui force l'admiration : le mensonge comme performance ; III. Le mensonge, miroir de la comédie : Corneille couronne la fiction.
Peut-on reprendre ce plan tel quel le jour du bac ?
Non : le sujet du bac sera formulé autrement. Retiens surtout la démarche (partir des termes du sujet, confronter l'œuvre au parcours « Mensonge et comédie », dépasser l'opposition) et les exemples précis, qui se réutilisent d'un sujet à l'autre.
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