La négation dans Le Chevalier de la charrette : exemples analysés pour l'oral
La négation se forme le plus souvent de deux éléments : l'adverbe « ne » (élidé en « n' » devant une voyelle), placé avant le verbe, et un second élément placé après : « pas », « point », « plus », « jamais », « rien », « personne », « aucun », « guère ». Dans Le Chevalier de la charrette, la négation se repère dans 4 passages analysés ci-dessous, avec la méthode attendue à l'oral.
Le Chevalier de la charrette s'étudie en édition bilingue : les exemples ci-dessous sont analysés sur la traduction en français moderne, comme le fera l'examinateur. La négation y sert le reproche (Guenièvre), la définition de l'amour courtois (un cœur qui « n'est plus à lui ») et le débat intérieur entre Raison et Amour.
La règle en bref
- La négation se forme le plus souvent de deux éléments : l'adverbe « ne » (élidé en « n' » devant une voyelle), placé avant le verbe, et un second élément placé après : « pas », « point », « plus », « jamais », « rien », « personne », « aucun », « guère ».
- On distingue la négation totale (« ne… pas », « ne… point »), qui porte sur toute la proposition, et la négation partielle (« ne… plus », « ne… jamais », « ne… rien », « ne… personne », « ne… aucun »), qui porte sur un élément : le temps, la chose, la personne, la quantité.
- Place : aux temps simples, les deux éléments encadrent le verbe conjugué ; aux temps composés, ils encadrent l'auxiliaire ; devant un infinitif, ils se placent tous les deux avant (« ne pas baisser »). Les pronoms compléments restent entre « ne » et le verbe.
- Attention aux faux amis : « ne… que » n'est pas une négation mais une tournure restrictive (« il n'a qu'un cœur » = il a seulement un cœur) ; le « ne » explétif (« avant qu'il ne parte ») n'a aucune valeur négative.
4 exemples tirés de Le Chevalier de la charrette
Exemple 1
Comment ? N'avez-vous donc pas eu honte de la charrette, et n'avez-vous pas hésité ?Chrétien de Troyes, Le Chevalier de la charrette, Guenièvre à Lancelot, v. 4484-4489 (traduction)
Négation totale « ne… pas » dans deux interrogations à la forme négative. Au temps composé, l'ordre est : « ne » + auxiliaire + pronom sujet inversé + « pas » + participe (« N'avez-vous pas eu »). Ce sont des questions rhétoriques de reproche : Guenièvre ne demande rien, elle accuse Lancelot d'avoir hésité.
Exemple 2
C'est pour cela que je n'ai voulu ni vous parler ni vous regarder.Chrétien de Troyes, Le Chevalier de la charrette, Guenièvre à Lancelot, même passage (traduction)
Négation par « ne… ni… ni » : « ne » précède l'auxiliaire et « ni » est répété devant chacun des deux infinitifs coordonnés. Avec « ni… ni », « pas » disparaît. La double négation dit un refus total de contact, châtiment courtois de l'hésitation.
Exemple 3
Le chevalier n'a qu'un seul cœur, et ce cœur n'est plus à lui : il est confié à un autre, si bien qu'il ne peut le prêter ailleurs.Chrétien de Troyes, Le Chevalier de la charrette, v. 1237-1240 (traduction)
Trois tours à distinguer, c'est le piège classique. « n'a qu'un seul cœur » n'est pas une négation : « ne… que » est une tournure restrictive (= il a seulement un cœur). « n'est plus à lui » est une négation partielle temporelle. « il ne peut le prêter » est une négation avec « ne » seul, possible en langue soutenue avec « pouvoir », « savoir », « oser » ou « cesser ». Ensemble, elles définissent l'amour courtois comme une dépossession.
Exemple 4
Elle n'est pas dans le cœur, mais sur la bouche, Raison qui ose lui dire cela ; mais Amour est enclos dans le cœur.Chrétien de Troyes, Le Chevalier de la charrette, v. 370-372 (traduction de « N'est pas el cuer, mes an la boche »)
Négation totale « ne… pas » suivie d'une rectification par « mais » : c'est une négation polémique, qui écarte une localisation (le cœur) pour en imposer une autre (la bouche). Le texte original en ancien français a déjà la même structure (« N'est pas… mes… »). La négation organise le débat entre Raison, superficielle, et Amour, intérieur.
À l'oral, identifie la forme (éléments, place, type), puis dis sur quoi porte la négation et ce qu'elle produit dans le texte : refus, rectification, rupture, polémique. Une analyse qui s'arrête au relevé plafonne.
Questions fréquentes
Comment analyser la négation à l'oral du bac de français ?
À l'oral, identifie la forme (éléments, place, type), puis dis sur quoi porte la négation et ce qu'elle produit dans le texte : refus, rectification, rupture, polémique. Une analyse qui s'arrête au relevé plafonne.
La négation peut-elle tomber sur un extrait de Le Chevalier de la charrette ?
Oui : la question de grammaire porte sur une phrase ou un passage de l'extrait que tu expliques, et la négation fait partie des points du programme de grammaire du lycée. Avec Le Chevalier de la charrette, les occurrences ne manquent pas, comme le montrent les exemples de cette page.
Combien de points vaut la question de grammaire ?
Elle compte pour 2 points sur 20 à l'oral, dans la première partie de l'épreuve (avec la lecture et l'explication linéaire). Elle se prépare en même temps que l'explication, pendant les 30 minutes de préparation.