Absolu / relatif
L'absolu est ce qui existe ou vaut par soi-même, sans dépendre d'autre chose. Le relatif n'existe ou ne vaut qu'en relation avec autre chose : un point de vue, une culture, une condition.
Le programme de philosophie de Terminale générale (BO spécial n°8 du 25 juillet 2019) impose 31 repères : des distinctions conceptuelles que le candidat doit savoir mobiliser en dissertation comme en explication de texte. Ils ne font l'objet d'aucune question directe au bac, mais structurent les copies qui obtiennent de bonnes notes.
Les repères sont la partie la plus rentable du programme de philosophie : peu nombreux, rapides à apprendre, et utilisables dans presque tous les sujets. Voici les 31, définis, avec un exemple sur chaque page.
Un sujet de philosophie repose presque toujours sur un terme ambigu. « La liberté consiste-t-elle à faire ce que l'on veut ? » ne se traite pas sans distinguer deux sens de liberté. C'est exactement le rôle d'un repère : nommer une distinction, l'appliquer, et faire avancer le raisonnement au lieu de tourner autour du mot.
Ils s'emploient en trois temps : poser la distinction, l'appliquer au cas discuté, en tirer une conséquence. Une distinction citée puis oubliée est un placage, et cela se voit.
L'absolu est ce qui existe ou vaut par soi-même, sans dépendre d'autre chose. Le relatif n'existe ou ne vaut qu'en relation avec autre chose : un point de vue, une culture, une condition.
L'abstrait est ce que la pensée isole de la réalité sensible pour le considérer à part. Le concret est ce qui est donné dans l'expérience, avec toutes ses déterminations.
Est en puissance ce qui peut devenir mais n'est pas encore réalisé. Est en acte ce qui est effectivement réalisé, accompli.
L'analyse décompose un tout complexe en ses éléments simples pour le comprendre. La synthèse recompose les éléments en un tout ordonné.
Le concept est une idée générale et abstraite, définie par la pensée. L'image est une représentation sensible et singulière. La métaphore dit une chose par une autre, en transférant un sens.
Le contingent est ce qui est mais aurait pu ne pas être, ou être autrement. Le nécessaire est ce qui ne peut pas ne pas être, ni être autrement.
Croire, c'est tenir quelque chose pour vrai sans pouvoir le prouver de façon suffisante. Savoir, c'est tenir pour vrai ce que l'on peut justifier par des raisons objectives et vérifiables.
L'essentiel est ce sans quoi une chose ne serait pas ce qu'elle est : ce qui définit sa nature. L'accidentel est ce qui peut changer ou disparaître sans que la chose cesse d'être elle-même.
L'exemple illustre une idée par un cas particulier, mais ne suffit pas à l'établir. La preuve démontre la vérité d'une proposition de façon contraignante et universelle.
Expliquer, c'est rendre raison d'un phénomène par ses causes, de l'extérieur. Comprendre, c'est saisir de l'intérieur le sens d'une action, d'une œuvre ou d'un vécu.
En fait désigne ce qui est, ce que l'on constate dans la réalité. En droit désigne ce qui doit être, ce qui est fondé ou justifié, indépendamment des faits.
Le formel concerne la forme, la structure ou la règle, indépendamment du contenu. Le matériel concerne le contenu concret, la matière de ce dont on parle.
Le genre est une classe large qui regroupe plusieurs espèces. L'espèce est une classe plus étroite, définie par le genre et une différence spécifique. L'individu est l'être singulier, membre d'une espèce.
L'hypothèse est une supposition provisoire admise pour être mise à l'épreuve. La conséquence est ce qui s'en déduit logiquement. La conclusion est ce que l'on tient pour établi au terme de la vérification.
L'idéal est ce qui n'existe que dans la pensée, souvent comme modèle de perfection. Le réel est ce qui existe effectivement, hors de l'esprit.
L'identité est le fait d'être un seul et même être. L'égalité est une équivalence de valeur ou de quantité entre des êtres pourtant distincts. La différence est ce qui distingue un être d'un autre.
Le possible est ce qui peut être ou advenir, parce qu'il n'implique aucune contradiction. L'impossible est ce qui ne peut pas être, soit logiquement (contradictoire), soit physiquement (contraire aux lois de la nature).
Est intuitive une connaissance immédiate, qui saisit son objet d'un seul regard de l'esprit. Est discursive une connaissance qui procède par étapes, de proposition en proposition.
Le légal est ce qui est conforme au droit positif, aux lois en vigueur dans un État. Le légitime est ce qui est conforme à la justice ou à la raison, même sans être inscrit dans la loi.
L'immédiat est ce qui est donné sans intermédiaire, directement. Le médiat est ce qui n'est atteint que par l'intermédiaire d'autre chose : un raisonnement, un instrument, un signe.
L'objectif est ce qui vaut indépendamment de tout sujet particulier. Le subjectif est ce qui dépend d'un sujet, de son point de vue ou de ses états. L'intersubjectif est ce qui est partagé et validé entre plusieurs sujets.
La contrainte est une force extérieure qui s'impose à moi et supprime mon choix. L'obligation est une exigence morale ou juridique que je peux reconnaître et à laquelle je peux librement consentir, ou désobéir.
L'origine est le commencement dans le temps, le point de départ historique d'une chose. Le fondement est ce qui la justifie en droit, ce sur quoi repose sa validité.
Convaincre, c'est obtenir l'adhésion par des preuves et des raisons qui s'adressent à l'entendement. Persuader, c'est emporter l'adhésion en touchant la sensibilité, les émotions ou l'imagination.
Le principe est ce qui vient en premier et dont le reste dérive : point de départ d'un raisonnement ou d'une réalité. La cause est ce qui produit un effet. La fin est le but en vue duquel une chose est ou se fait.
Le privé est la sphère personnelle et intime, qui ne regarde que l'individu et ses proches. Le public est ce qui concerne tous les citoyens, la vie commune et l'État.
La ressemblance est le partage de propriétés communes entre deux choses. L'analogie est une identité de rapport : A est à B ce que C est à D, même si les termes ne se ressemblent pas.
La théorie est la connaissance spéculative, qui vise à comprendre sans agir. La pratique est l'action, l'application ou la transformation du réel.
Le transcendant est ce qui est au-delà, extérieur et supérieur à une réalité donnée. L'immanent est ce qui est intérieur à cette réalité, sans la dépasser.
L'universel vaut pour tous les cas sans exception. Le général vaut pour la plupart des cas, en admettant des exceptions. Le particulier ne concerne que certains cas. Le singulier désigne un être unique, pris dans son individualité.
Le vrai est ce qui est conforme à la réalité ou aux règles de la pensée. Le probable est ce qui a des chances d'être vrai, sans garantie. Le certain est ce dont on ne peut pas douter, pour un esprit donné.
31 repères pour la Terminale générale, fixés par le BO spécial n°8 du 25 juillet 2019.
Il faut savoir les employer, ce qui suppose de les comprendre. Apprendre la définition sans l'exemple ne sert à rien : c'est l'exemple qui rend la distinction utilisable dans une copie.
Aucun sujet ne demande de définir un repère. Ils servent d'outils : ils permettent de lever une ambiguïté dans le sujet et de faire avancer l'argumentation. C'est leur emploi, pas leur récitation, qui est évalué.
Ceux qui reviennent dans le plus grand nombre de sujets : légal / légitime, en fait / en droit, croire / savoir, absolu / relatif, cause / fin. Cinq repères bien maîtrisés servent plus que trente survolés.
Un deck de flashcards sur les 31 repères et une unité de cours complète t'attendent dans Euphémisme, avec répétition espacée pour ne rien oublier d'ici juin.
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Liste officielle des repères : BO spécial n°8 du 25 juillet 2019, programme de philosophie de Terminale, voie générale.
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