Sujet corrigé : « La servitude est-elle vraiment « volontaire » selon La Boétie ? »
Si les hommes sont naturellement faits pour être libres, comment expliquer qu'ils servent, et que vaut la réponse provocante de La Boétie : parce qu'ils le veulent bien ? Plan proposé : I. Un scandale logique : des millions d'hommes servent un seul ; II. L'explication : une volonté de servir fabriquée ; III. Le remède : rentrer en possession de soi, défendre et entretenir la liberté.
Ce sujet porte sur Discours de la servitude volontaire de Étienne de La Boétie (1548), étudié dans l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle » avec le parcours « Défendre et entretenir la liberté ». Voici le corrigé en plan détaillé, tel qu'on peut le construire en quatre heures.
Corrigé détaillé : « La servitude est-elle vraiment « volontaire » selon La Boétie ? »
Problématique proposée : Si les hommes sont naturellement faits pour être libres, comment expliquer qu'ils servent, et que vaut la réponse provocante de La Boétie : parce qu'ils le veulent bien ?
I. Un scandale logique : des millions d'hommes servent un seul
- L'étonnement fondateur : le tyran n'a « que deux yeux, deux mains », sa force matérielle est nulle sans ceux qui la lui prêtent.
- La liberté comme nature : les animaux mêmes résistent à la captivité, la servitude humaine est donc contre-nature.
- La conclusion imparable : nul besoin de combattre le tyran, il suffit de ne plus le soutenir, « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ».
II. L'explication : une volonté de servir fabriquée
- La coutume, seconde nature : né sous le joug, nourri dans le servage, le peuple se contente de vivre comme il est né, il n'a jamais connu ce qu'il a perdu.
- Les drogues du pouvoir : jeux, spectacles, largesses et prestige sacré, le tyran endort la liberté plus qu'il ne l'écrase.
- La pyramide des complices : cinq ou six ont l'oreille du tyran, ils en tiennent six cents, qui en tiennent six mille, la servitude est un système d'intérêts en cascade.
III. Le remède : rentrer en possession de soi, défendre et entretenir la liberté
- Le refus sans violence : ni révolte armée ni tyrannicide, un simple retrait du consentement, révolution intérieure d'abord.
- L'éducation et la mémoire : lire, se souvenir des libres, penser, le Discours lui-même est un exercice de désaccoutumance.
- L'amitié comme horizon politique : relation d'égaux impossible au tyran, le lien qui entretient la liberté et donne au parcours son double verbe : la défendre et l'entretenir.
En conclusion, on répond à la problématique en une ou deux phrases, puis on ouvre, vers une autre œuvre du parcours, ou un enjeu contemporain du sujet. Revois la méthode complète du plan de dissertation si besoin.
Les pistes pour chaque partie
- La thèse choc du Discours : le tyran n'a que la puissance qu'on lui donne, « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ».
- Mais une volonté fabriquée : coutume, éducation, jeux et spectacles façonnent le consentement, on naît dans la servitude et on l'appelle nature.
- Le paradoxe est une stratégie : dire « volontaire », c'est rendre chacun responsable, et donc capable de refuser.
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Questions fréquentes sur ce sujet
Quelle problématique pour le sujet « La servitude est-elle vraiment « volontaire » selon La Boétie ? » ?
Si les hommes sont naturellement faits pour être libres, comment expliquer qu'ils servent, et que vaut la réponse provocante de La Boétie : parce qu'ils le veulent bien ?
Quel plan suivre ?
I. Un scandale logique : des millions d'hommes servent un seul ; II. L'explication : une volonté de servir fabriquée ; III. Le remède : rentrer en possession de soi, défendre et entretenir la liberté.
Peut-on reprendre ce plan tel quel le jour du bac ?
Non : le sujet du bac sera formulé autrement. Retiens surtout la démarche (partir des termes du sujet, confronter l'œuvre au parcours « Défendre et entretenir la liberté », dépasser l'opposition) et les exemples précis, qui se réutilisent d'un sujet à l'autre.
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