L'interrogation dans Discours de la servitude volontaire : exemples analysés pour l'oral
L'interrogation totale porte sur toute la phrase et appelle une réponse par oui ou par non (« Savez-vous… ? »). L'interrogation partielle porte sur un seul élément et commence par un mot interrogatif : pronom (« qui », « que », « quoi », « lequel »), déterminant (« quel »), adverbe (« où », « quand », « comment », « pourquoi », « combien »). Dans Discours de la servitude volontaire, l'interrogation se repère dans 3 passages analysés ci-dessous, avec la méthode attendue à l'oral.
Le Discours de la servitude volontaire est une harangue : La Boétie interpelle le peuple et multiplie les questions qui n'attendent pas de réponse. Analyser ces interrogations, c'est analyser la rhétorique même du texte. L'orthographe est modernisée ; quelques sens anciens (« aucun », « bailler ») demandent une remarque.
La règle en bref
- L'interrogation totale porte sur toute la phrase et appelle une réponse par oui ou par non (« Savez-vous… ? »). L'interrogation partielle porte sur un seul élément et commence par un mot interrogatif : pronom (« qui », « que », « quoi », « lequel »), déterminant (« quel »), adverbe (« où », « quand », « comment », « pourquoi », « combien »).
- Trois constructions, du plus soutenu au plus familier : l'inversion du sujet (« Que dis-tu ? », avec un « -t- » euphonique entre deux voyelles : « a-t-il ») ; la locution « est-ce que » (« Est-ce que je t'ai… ? ») ; la simple intonation montante, à l'ordre de la phrase déclarative (« C'est bien, ça ? »).
- Quand le sujet est un nom, l'inversion est dite complexe : le nom reste en tête et un pronom le reprend après le verbe (« Le bonhomme en tient-il ? »).
- L'interrogation directe se termine par un point d'interrogation ; l'interrogation indirecte est une subordonnée complément d'un verbe (« je me demande ce qui s'est passé ») et n'en a pas.
3 exemples tirés de Discours de la servitude volontaire
Exemple 1
D'où a-t-il pris tant d'yeux dont il vous épie, si vous ne les lui baillez ?Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Discours de la servitude volontaire
Interrogation directe partielle : elle porte sur l'origine et s'ouvre par l'adverbe interrogatif « d'où ». Construction par inversion du pronom sujet, avec « -t- » euphonique entre deux voyelles (« a-t-il »). Question rhétorique : la réponse est contenue dans la subordonnée (« si vous ne les lui baillez », c'est-à-dire « donnez ») : c'est le peuple qui donne ses yeux au tyran. Le « ne » seul y suffit à nier, comme souvent au XVIe siècle.
Exemple 2
Comment a-t-il aucun pouvoir sur vous, que par vous ?Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Discours de la servitude volontaire
Interrogation directe partielle, ouverte par l'adverbe « comment », avec inversion et « -t- » euphonique. Remarque de langue : sans « ne », « aucun » garde ici son sens ancien positif (« quelque », « un quelconque »). Question rhétorique dont la fin (« que par vous ») livre la réponse : le pouvoir du tyran est celui qu'on lui consent.
Exemple 3
Mais, ô bon Dieu ! que peut être cela ? comment dirons-nous que cela s'appelle ? quel malheur est celui-là ? quel vice ?Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Discours de la servitude volontaire
Série de quatre interrogations partielles qui varient les mots interrogatifs : le pronom « que » (attribut, avec inversion du sujet « cela » : « que peut être cela »), l'adverbe « comment » (inversion du pronom « nous »), le déterminant « quel » deux fois. La dernière est une phrase non verbale (« quel vice ? »). L'accumulation, ouverte par l'exclamation « ô bon Dieu ! », traduit la stupeur de l'orateur devant une servitude qu'aucun mot ne suffit à nommer.
À l'oral, précise le type (totale ou partielle), la construction (inversion, « est-ce que », intonation) et la valeur : vraie demande d'information, question rhétorique qui contient sa réponse, question délibérative, surprise. C'est la valeur qui relie la grammaire à l'explication.
Questions fréquentes
Comment analyser l'interrogation à l'oral du bac de français ?
À l'oral, précise le type (totale ou partielle), la construction (inversion, « est-ce que », intonation) et la valeur : vraie demande d'information, question rhétorique qui contient sa réponse, question délibérative, surprise. C'est la valeur qui relie la grammaire à l'explication.
L'interrogation peut-elle tomber sur un extrait de Discours de la servitude volontaire ?
Oui : la question de grammaire porte sur une phrase ou un passage de l'extrait que tu expliques, et l'interrogation fait partie des points du programme de grammaire du lycée. Avec Discours de la servitude volontaire, les occurrences ne manquent pas, comme le montrent les exemples de cette page.
Combien de points vaut la question de grammaire ?
Elle compte pour 2 points sur 20 à l'oral, dans la première partie de l'épreuve (avec la lecture et l'explication linéaire). Elle se prépare en même temps que l'explication, pendant les 30 minutes de préparation.